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Colisée

  • historic
  • 4.8
  • Prix: €16 - €22
  • Horaires d'ouverture: 08:30 - 19:00
Itinéraire
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Histoire

L'empereur Vespasien commande l'amphithéâtre vers 72 apr. J.-C., finançant en partie sa construction avec le butin de la guerre judaïque, sur un terrain marécageux où Néron avait autrefois fait aménager un lac artificiel au cœur de sa Domus Aurea — un geste délibéré consistant à rendre au peuple romain une terre que l'empereur honni s'était appropriée. Vespasien ne verra jamais l'édifice achevé : c'est son fils Titus qui l'inaugure en 80 apr. J.-C. par des jeux qui durèrent 100 jours, au cours desquels, selon l'historien Cassius Dion, des milliers d'animaux furent tués lors de chasses organisées dans l'arène.

La structure reste pratiquement intacte pendant plus d'un millénaire, jusqu'à ce qu'un violent séisme frappe le centre de l'Italie en 1349 et fasse s'effondrer environ deux tiers de l'anneau extérieur — la section effondrée avait toujours reposé sur le terrain le plus meuble et instable, au sud. Ce que le séisme n'avait pas achevé, la Rome de la Renaissance et du baroque s'en chargea : les papes accordèrent des licences pour extraire son travertin et son marbre, et la pierre ainsi prélevée servit à bâtir la basilique Saint-Pierre et plusieurs autres monuments, tandis que les crampons de fer maintenant ses blocs étaient arrachés et fondus. Le pillage ne cessa qu'au XVIIIe siècle, lorsque le pape Benoît XIV consacra le site à la mémoire des martyrs chrétiens que l'on croyait y être morts.

L'arène et sa machinerie

Ce que les visiteurs voient aujourd'hui comme un espace ouvert était à l'origine recouvert d'un plancher de bois, sous lequel courait l'hypogée, un dédale de galeries et de chambres sur deux niveaux ajouté par l'empereur Domitien environ une décennie après l'ouverture de l'amphithéâtre. Esclaves et dresseurs d'animaux y actionnaient au moins 32 treuils à cabestan, hissant cages d'animaux et décors — et parfois des éléphants adultes — directement à travers des trappes dans le sol, si bien qu'un léopard ou un lion pouvait sembler surgir de nulle part au milieu de l'arène.

Avant l'installation de ce système souterrain, l'arène, encore assez basse par rapport au niveau du sol, pouvait être inondée pour mettre en scène de fausses batailles navales, comme ce fut le cas au moins une fois lors des jeux inauguraux de 80 apr. J.-C. ; une fois les galeries de Domitien construites, le plancher ne put plus jamais être inondé. Au-dessus des spectateurs, une autre prouesse d'ingénierie offrait de l'ombre : le velarium, une toile de chanvre hissée sur des mâts tout autour du sommet de l'édifice et manœuvrée par une équipe de marins de la flotte impériale, habitués au gréement des navires, couvrait environ un tiers des gradins ; l'ensemble de l'édifice pouvait accueillir entre 50 000 et 80 000 spectateurs, placés selon leur rang social.

Le saviez-vous ?

Pendant l'essentiel de l'Antiquité, les Romains appelaient simplement l'édifice Amphitheatrum Flavium, du nom de la dynastie flavienne qui l'avait fait bâtir. Le nom « Colisée » ne s'imposa que vers l'an 1000, emprunté au Colosse de Néron, une gigantesque statue de bronze qui se dressait autrefois juste à côté — à l'origine un portrait de Néron lui-même, remanié par la suite pour représenter le dieu Soleil, afin qu'elle puisse continuer d'exister une fois la mémoire de l'empereur officiellement déshonorée.

Son histoire sanglante est devenue, contre toute attente, un symbole des temps modernes : depuis 1999, l'éclairage nocturne du Colisée passe du blanc à l'or pendant 48 heures chaque fois qu'une condamnation à mort est commuée ou annulée quelque part dans le monde, ou qu'un pays abolit purement et simplement la peine capitale — un curieux retournement pour un édifice conçu jadis pour les exécutions publiques et les combats de gladiateurs.

Bon à savoir

Le billet standard pour le Colisée inclut aussi le Forum romain et le mont Palatin, valable 24 heures à partir de votre créneau d'entrée : mieux vaut donc répartir la visite des trois sites sur une plage horaire flexible plutôt que de les enchaîner à la hâte. Marcher sur le plancher de l'arène ou descendre dans l'hypogée nécessitent tous deux un billet séparé et plus coûteux, incluant une visite guidée obligatoire ; les créneaux pour ces visites se réservent des semaines à l'avance en haute saison — réservez le plus tôt possible si vous souhaitez voir les souterrains.

Le Colisée est l'un des monuments les plus visités au monde, et les files d'attente de la mi-journée peuvent être longues même avec un billet à horaire fixe ; le premier créneau du matin ou l'un des derniers de la journée restent les moments les plus calmes pour la visite. Le contrôle de sécurité s'apparente à celui d'un aéroport : arrivez donc quelques minutes en avance et munissez-vous d'une pièce d'identité, souvent vérifiée par rapport au nom inscrit sur le billet.